Les procès-verbaux du Bureau des longitudes

Séance du 25 février 1835

Titre Séance du 25 février 1835
Contexte Volume 1829-1843
Date 1835-02-25
Rédacteur inconnu
Membres présents Arago, François (1786-1853); Damoiseau de Montfort, Marie-Charles-Théodore (1768-1846 ; baron); Largeteau, Charles-Louis (1791-1857); Beautemps-Beaupré, Charles-François (1766-1854); Lalande, Jean-Michel-Jérôme Lefrançais de (1766-1839); Bouvard, Alexis (1767-1843); Biot, Jean-Baptiste (1774-1862); Savary, Félix (1797-1841); Lerebours, Noël-Jean (1762-1840); Gambey, Henri (1787-1847); Poisson, Siméon-Denis (1781-1840); Mathieu, Claude-Louis (1783-1875 ; astronome); Freycinet, Louis de (1779-1842); Prony, Gaspard-Clair-François-Marie Riche de (1755-1839);
Identifiant O1829_1843_322
Relation C1827_1844_380
Format 17,6 x 23,6 cm pour les 2ères pages, 17,5 x 23,5 cm pour les 4 suivantes; image/jpeg;
Éditeur Bureau des longitudes; Observatoire de Paris; Laboratoire d'Histoire des Sciences et de Philosophie - Archives Henri Poincaré (UMR 7117 CNRS / Université de Lorraine);
Droits CC BY-SA 3.0 FR
Transcription

Séance du 25 février 1835

 

Le procès-verbal de la séance précédente est lu et adopté.

M. Bouvard communique une lettre de M. Gambart. Cet astronome avait aperçu le 8 mars 1834 et observé autant que cela était possible, dans des circonstances très défavorables, une comète qu'il n'avait pu revoir. Cette comète a été observée par M. Dunlop à la Nouvelle-Hollande et les éléments calculés par M. … représentent à 5 minutes près l'observation de M. Gambart.

Le Dépôt de la Guerre a fait remise à M. Bouvard du chronomètre confié il y a plusieurs années par M. Caillié, capitaine d'état-major. Le chronomètre ne marche pas. M. Bouvard le fera réparer par M. Breguet.

M. Biot communique au Bureau les résultats de ses recherches sur les forces élastiques de la vapeur d'eau. M. Biot avait choisi, d'abord deux observations éloignées dans le travail de MM. Arago et Dulong, puis deux observations à des températures très basses faites par M. Gay-Lussac. Toute la série se trouvait ainsi bien représentée avec deux exponentielles. Si de très petites anomalies semblaient devoir ne pas être attribuées aux erreurs inévitables d'observation, c'était près de la congélation. Une exponentielle simple ne pouvait représenter les anomalies. M. Biot en ajoute deux ayant l'une et l'autre une très faible influence. Cette influence, pour la rendre sensible, doit être exprimée en variations de températures dans les températures basses, en pressions dans les températures élevées. La formule, pour se présenter sous une forme simple, doit être rapportée à la marche du thermomètre à air. Elle suit les observations dans toute leur étendue de manière à pouvoir dans tous les cas leur être substituée. M. Biot signale cette circonstance que d'après sa formule, vers 1200 atmosphères, la force élastique de la vapeur semblerait devoir être constante. Mais il ajoute que des termes qui produiraient alors une variation sensible peuvent, dans l'étendue observée, n'avoir qu'une influence tout à fait inappréciable.

M. de Prony présente une table des superficies de chaque département de la France.

M. de Prony remet pour la bibliothèque de l'Observatoire un exemplaire de son travail sur les variations de pente de la Seine dans la traversée de Paris.

M. Arago, à l'occasion des discussions dont on s'est occupé au sujet des températures terrestres, rappelle une ancienne idée de Cavendish que M. Laplace avait [barré : voulu] pensé qu'il serait possible de réaliser. C'était d'observer les températures avec un thermomètre dont la boule serait presque à la surface du sol, à une très petite profondeur. Mais alors, on ne pourrait appliquer le genre de détermination que l'on emploie dans l'air. Dans l'air, on a vérifié par des observations très rapprochées au fort de Leith que la moyenne du jour était sensiblement la moyenne des températures maximum et minimum. Dans la terre, il ne saurait en être ainsi, car le maximum pourra surpasser pour le thermomètre enfoncé de plus de 20° la température observée dans l'air ; tandis que la différence entre les minima indiqués par les deux thermomètres est loin de pouvoir s'élever aux 8 ou 9° d'abaissement obtenus par le rayonnement lorsqu'on enveloppe la boule d'un des thermomètres avec les substances qui rayonnent les plus. M. Arago rajoute que dans l'air, les températures indiquées par un thermomètre peuvent être notablement influencées par le rayonnement des corps voisins, mais que la demi somme doit rester à peu près exacte, le thermomètre restant par exemple trop bas pendant toute la période ascendante, trop élevé pendant la période ascendante [sic].

M. Poisson pense que c'est précisément l'excès de chaleur observé à la surface du sol par M. Arago qui en s'affaiblissant, produit encore à 8 mètres de profondeur un excès de 1° en sens contraire de l'accroissement graduel dans le sens de la profondeur.

M. Biot, en citant le moyen proposé par M. Arago de déterminer la température de l'air par le déplacement des bandes diffractées, demande comment on peut régler pour ainsi la graduation de l'instrument ou se rendre une fois indépendant du rayonnement. M. Arago répond que c'est en plaçant l'appareil dans une chambre entièrement fermée.

M. Freycinet rapporte que plusieurs fois en prenant la moyenne des 24 heures d'observation, il a trouvé des différences de 1° avec la moyenne des maxima et des minima.

M. Arago répond que l'égalité des deux moyennes ne peut être espérée que sur la moyenne d'un certain nombre de jours.

M. Freycinet croit se rappeler qu'il y avait encore des différences entre les deux genres de moyennes sur un mois entier.

Les ingénieurs des Ponts et Chaussées ont cité à M. Arago des observations de tuyaux de conduite fendus par la gelée dans Paris à une profondeur égale à celle où le thermomètre enfoncé en terre à l'Observatoire n'est pas descendu à zéro. Ces faits doivent tenir à des circonstances compliquées et anormales.

M. Arago cite des observations photométriques qu'il a faites avec un photomètre dont une des boules est simplement couverte d'une feuille d'or. Le photomètre quelle que soit l'intensité de la source monte pour la chaleur du soleil, baisse pour celle du feu ou d'une bougie, reste stationnaire pour la chaleur d'un quinquet. A l'aide de cet appareil, on reconnaît que la lumière et la chaleur des nuages et de l'atmosphère, bien que très faibles, sont identiques quant à leur nature avec la chaleur et la lumière du soleil.

 

[Etaient présents : Arago, Damoiseau, Largeteau, Beautemps-Beaupré, Delalande, Bouvard, Biot, Savary, Lerebours, Gambey, Poisson, Mathieu, de Freycinet, Prony. « Arrêté à 14 », signé : J. B. Biot.]

Type de document Procès-verbal
Président de la séance Biot, Jean-Baptiste (1774-1862)
Transcripteur Feurtet, Jean-Marie
Collection Volume 1829-1843
Citer ce document “Séance du 25 février 1835”, 1835-02-25, Les procès-verbaux du Bureau des longitudes, consulté le 15 novembre 2018, http://purl.oclc.org/net/bdl/items/show/2238
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