Les procès-verbaux du Bureau des longitudes

Bureau des Longitudes - Séance du 9 mars 1881

Title Bureau des Longitudes - Séance du 9 mars 1881
Rédacteur Tisserand, Félix (1845-1896)
Contexte Volume 1881-1885
Date 1881-03-09
Membres présents Tisserand, Félix (1845-1896); Faye, Hervé (1814-1902);
Identifier O1881_1885_012
Format 17,5 x 24,9 cm; image/jpeg;
Publisher Bureau des longitudes; Observatoire de Paris; Laboratoire d'Histoire des Sciences et de Philosophie - Archives Henri Poincaré (UMR 7117 CNRS / Université de Lorraine);
Rights CC BY-SA 3.0 FR
Transcription

Bureau des Longitudes – Séance du 9 mars 1881

Présidence de M. Faye

Le procès-verbal de la séance précédente est lu, et il est adopté.

Le Bureau reçoit :

Circulaire du Berliner Jahrbuch, N° 154 ;

Bulletin de l'Association scientifique, N° 49.

Astronomische Nachrichten, Nos 2362 et 2363.

Journal général de l'Instruction publique, N° 10.

Les Comptes-Rendus, N° 9.

Wochenschrift, Nos 7 et 8.

Mémoires de l'Académie de St Pétersbourg, Tome 28, N° 2.

Bulletin de l'Académie de St Pétersbourg, Tome 26.

M. Faye entretient le Bureau de la communication faite à la dernière séance de l'Académie par M. Puiseux, sur les observations de contact du dernier passage de Vénus, faites par les missions françaises. La discussion géométrique a été très bien faite ; reste à faire la discussion astronomique, dont M. Puiseux déclare du reste n'avoir pas voulu s'occuper.

M. Janssen parle de l'observation qu'il a faite à Nagasaki ; il n'a pas [barré : vu] de goutte noire, mais pas non plus d'apparition instantanée du filet lumineux ; l'état du ciel et l'atmosphère de Vénus doivent jouer un rôle important dans le phénomène.

M. Faye rappelle que le père Hell a vu réapparaître subitement la lumière ; il emploie pour désigner cette réapparition, le mot significatif de "fulmen" ; Cook ne l'a pas vu à Thaïti [Tahiti] ; en combinant les stations dans lesquelles les observateurs ont aperçu le même phénomène que le père Hell, on a obtenu des résultats concordants pour la parallaxe.

M. Janssen et M. Tisserand disent que le troisième contact a été observé au Japon dans de mauvaises conditions atmosphériques. M. Fizeau rappelle que les Allemands n'ont pas vu de goutte noire, même avec des petites lunettes ; quand la lunette est bonne, la goutte n'existe pas. Quant à la teinte grise signalée autour de Vénus, il ne pense pas qu'on doive l'attribuer <exclusivement> à l'atmosphère de la planète, mais plutôt à la diffraction qui se produit, quand un corps opaque comme Vénus, est éclairé par un corps très lumineux le Soleil, et par derrière ; cela ne devrait pas empêcher de voir le contact.

Sur les photographies de Saint Paul, on voit un petit pont, comme si, tout près du contact interne, le disque du soleil avait été repoussé par Vénus.

M. Loewy rappelle les expériences faites sur des passages artificiels par M. Backuysen [Bakhuyzen] et M. André ; ils ont trouvé que les grandes lunettes sont préférables.

M. Faye dit que l'image d'un point lumineux, d'une étoile, n'est pas un point, mais un petit cercle lumineux ; le disque du soleil doit donc avoir une petite bordure artificielle, et quand, au voisinage du contact, un petit élément du soleil est supprimé, il manque de la lumière à cet endroit ; un petit pont doit se former.

M. Fizeau fait remarquer que les expériences de M. André ont montré la goutte, seulement quand les lunettes étaient mauvaises, ou que la mise au point était défectueuse ; de petites lunettes bien construites n'en ont pas donné.

M. Janssen dit que le grossissement doit jouer un rôle important ; il a fait des expériences de passages artificiels, et a vu qu'avec de petits grossissements, il se produisait des phénomènes de diffraction, qui disparaissaient avec un fort grossissement.

M. Yvon Villarceau parle des mesures micrométriques pendant les passages de Vénus, et dit qu'on ne peut compter sur des résultats satisfaisants que si l'on compare seulement des points très voisins c'est-à-dire, si les mesures sont faites dans le voisinage des contacts. Une discussion s'engage sur la détermination de la parallaxe par les observations des petites planètes.

M. Faye dit que cette méthode est susceptible d'une grande précision ; toutes les erreurs constantes disparaissent ; la seule difficulté pourrait provenir de la vis ; mais, on peut l'étudier.

M. Loewy dit qu'on peut pointer en déclinaison sur une étoile à 0",1 près ; on aura un certain nombre de pointés très concordants, puis une nouvelle série concordante, mais <souvent> en désaccord avec la précédente ; c'est que la définition de l'image a changé, ou on a pointé sur une autre partie ; il est en réalité difficile de pouvoir répondre du pointé à 0",1 près.

M. Yvon Villarceau rappelle que par des temps de bourrasque les mires ne présentent pas d'ondulations ; il a fait des pointés dans ces conditions, et a trouvé comme erreur moyenne 0",16, avec un grossissement de 60 fois ; l'erreur serait moitié moindre avec un grossissement doublé.

M. Villarceau croit que jusqu'ici, à l'étranger, la plupart des instruments employés à l'observation des petites planètes, en vue de la parallaxe, ont laissé à désirer. Pour obtenir de meilleurs résultats, on devrait comparer et les instruments, et les observateurs.

M. d'Abbadie a appris qu'une collection complète de la Connaissance des temps existe [barré : au Caire où] à l'observatoire du Caire où elle reste abandonnée ; le Bureau n'a pas cette précieuse collection complète. M. de Lesseps va bientôt se rendre en Egypte. M. d'Abbadie propose au Bureau de prier M. de Lesseps d'acheter, si cela est possible, la Collection pour le Bureau ; cette proposition est approuvée par tous les membres. M. le Président écrira à ce sujet à M. de Lesseps.

M. Loewy rappelle qu'autrefois, Lalande [barré : donnait] publiait chaque année un résumé des progrès de l'astronomie dans le cours de cette année. Il croit qu'il serait utile de reprendre cette tradition ; si M. Faye voulait bien se charger de ce résumé annuel, on pourrait l'insérer dans la Connaissance des temps.

M. Faye dit que la place en serait plutôt dans l'Annuaire, car on a décidé de ne plus rien mettre d'étranger aux calculs, dans la Connaissance des temps. M. Fizeau appuie la proposition ainsi modifiée.

Le Bureau reviendra sur cette question, au moment où il s'occupera des Notices du prochain Annuaire.

M. d'Abbadie rappelle une proposition qu'il a déjà faite ; il voudrait qu'on mît [barré : seulement] dans l'Annuaire, seulement ce qui est annuel, et qu'on publiât tous les dix ans un volume de constantes.

M. Bréguet demande de nouveau qu'on insère dans l'Annuaire un certain nombre de constantes relatives à l'électricité.

La séance est levée à 5 heures.

F. Tisserand

Type de document Procès-verbal
Président de la séance Faye, Hervé (1814-1902)
Transcripteur Muller, Julien
Collection Volume 1881-1885
Citation “Bureau des Longitudes - Séance du 9 mars 1881”, 1881-03-09, Les procès-verbaux du Bureau des longitudes, consulté le August 20, 2019, http://purl.oclc.org/net/bdl/items/show/3840
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