Les procès-verbaux du Bureau des longitudes

Bureau des Longitudes - Séance du 14 mai 1890

Title Bureau des Longitudes - Séance du 14 mai 1890
Creator Tisserand, Félix (1845-1896)
Contexte Volume 1886-1890
Date 1890-05-14
Contributor Tisserand, Félix (1845-1896); Brunner, Emile (1834-1895); Mouchez, Ernest (1821-1892); Fizeau, Hippolyte (1819-1896); Faye, Hervé (1814-1902); Bouquet de La Grye, Anatole (1827-1909); Gay, Jean Baptiste (1834-1900); Derrécagaix, Victor Bernard (1833-1915); Loewy, Maurice (1833-1907); Cornu, Alfred (1841-1902); Pâris, Edmond (1806-1893);
Identifier O1886_1890_280
Format 17,1 x 24,6 cm; image/jpeg;
Publisher Bureau des longitudes; Observatoire de Paris; Laboratoire d'Histoire des Sciences et de Philosophie - Archives Henri Poincaré (UMR 7117 CNRS / Université de Lorraine);
Rights CC BY-SA 3.0 FR
Type Manuscrit; Text; Procès-verbal;
Description

Bureau des Longitudes – Séance du 14 Mai 1890.

Présidence de M. Faye.

Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté.

Le Bureau reçoit :

Comptes-rendus 18

Bullet. Météorol. 127-131

Bullet. Adm. 904

Astr. Nach. 2967

Nature 1071

Mémoires de la Société de Mexico, 4, 5, 6

Washington Observations, 1884 Appendice I

Œuvres de Cauchy, 2" série, t. VIII

Annales de l'observatoire de Nice, t. III.

M. le général Derrécagaix délégué du Ministère de la guerre, [barré : et] M. Gay délégué du Ministère des Travaux Publics [en marge : et M. Bouquet de la Grye, délégué du Ministère de la Marine] assistent à la séance.

M. le Président rend compte d'un entretien qu'il a eu avec le Ministre au sujet des principales questions qui préoccupent le Bureau : l'unification de l'heure, la reconstitution de deux places de la Guerre et de la Marine, la mesure de l'arc du Pérou, et enfin le passage du chemin de fer de Sceaux près de l'observatoire. M. Faye a dit au Ministre qu'il serait bon de consulter l'Académie avant d'exécuter des projets qui peuvent être très graves pour l'avenir de l'Observatoire.

M. Gay donne quelques détails sur l'état de la question. Le Ministre des Travaux Publics s'est préoccupé dès le début de l'intérêt de l'Observatoire ; il avait aussi à tenir compte de l'intérêt de circulation dans Paris. On a cherché à donner satisfaction à ces deux intérêts dans une certaine mesure, et on a constitué une commission qui a fait son rapport. On étudie en ce moment le rapport ; on examine également le projet Deroche de chemin de fer aérien.

M. Cornu demande si l'on n'a pas examiné le second tracé demandé par le Conseil de l'observatoire.

M. Gay répond qu'on s'en occupe actuellement ; M. Doniol étudie la déviation, en vue de trouver une solution acceptable.

M. Faye remercie M. Gay des renseignements qu'il vient de donner.

On parle du contenu du T. III des Annales de l'observatoire de Nice, et en particulier du Mémoire de M. Thollon, à la suite duquel on a inséré une remarque faite par M. Fizeau, quand M. Thollon avait présenté son spectre au Bureau. M. Cornu dit que ce spectre est très beau ; pour son compte, il aurait préféré néanmoins l'emploi des réseaux qui est indiqué surtout pour le bleu, région que n'atteint pas le dessin de M. Thollon.

M. Mouchez présente au Bureau les photographies de la Lune que MM. Henry viennent d'obtenir à l'observatoire, avec un grossissement direct de 15 fois ; elles sont plus belles que celles de Lick, bien que ces dernières soient faites avec un objectif de 1 mètre, tandis que celui de Paris n'a que 0m32.

M. Cornu parle d'un Mémoire de M. Vogel de Potsdam sur le déplacement des raies de α Vierge, d'où il a conclu un mouvement orbital à période voisine d'un an. Il ne donne aucun détail sur le réglage de son appareil ; c'est cependant une question capitale ; aussi M. Cornu croit-il devoir faire une réserve sur ce point.

M. Bouquet de la Grye parle de la question du nivellement, qu'il y aurait lieu d'élucider avant la réunion de l'Association géodésique à Fribourg. On peut se demander d'abord s'il y a lieu de prendre l'origine sur terre ou dans la mer. Dans le premier cas, les géologues ont indiqué comme la partie la plus stable de la France, les environs de Bourges ; mais la discussion qui s'est élevée à ce sujet a montré qu'on n'aurait jamais de certitude absolue ; la mer présente plus de garanties ; la question est donc tranchée à ce point de vue. Mais, que doit-on prendre dans l'océan? Un niveau dépendant des variations atmosphériques, ou un niveau qui en ait été affranchi? Le dernier présenterait cet avantage qu'on pourrait le retrouver rapidement, tandis que, pour le premier, il faudrait attendre un temps assez long pour que l'ensemble des particularités météorologiques se soit reproduit.

M. Faye dit que les géodésiens, quand on a soulevé cette question, ont admis la moyenne brute, en mettant toutefois de côté les indications correspondant aux tempêtes ; ils trouvent compliqué le procédé recommandé par M. Bouquet de la Grye, qui repose sur la résolution d'une assez grand nombre d'équations de condition.

M. Bouquet de la Grye répond que le calcul fait pour un port sert pour les autres. Il fait remarquer qu'on est d'accord sur l'élimination des tempêtes.

M. Bassot désirerait avoir quelques chiffres pour servir de base à la discussion. Il demande notamment quelle est l'influence du baromètre.

M. Bouquet de la Grye répond que l'influence du vent peut s'élever à 0m60, et celle du baromètre à 0m40 environ.

M. Tisserand demande s'il n'y a pas de doute sur l'établissement des formules.

M. Bouquet de la Grye explique qu'il avait pris d'abord un développement complet de sinus et de cosinus, embrassant 44 termes ; il a vu ensuite qu'on pouvait garder seulement trois coefficients donnant la force et la direction du vent. Actuellement, pour Brest, on peut prédire le niveau à 0m01 près.

M. Cornu se joint à M. Bassot pour prier M. Bouquet de la Grye de communiquer au Bureau un tableau numérique montrant les nombres journaliers.

M. d'Abbadie ne trouve pas bon de prendre pour point de départ des observations calculées par une théorie quelconque, parce que si on vient à la modifier on touche ainsi au point de départ. Il préfère un zéro sur terre, et dit que, dans le nivellement fait depuis ce point central jusqu'à la mer, il faudrait tenir compte des variations de la verticale.

M. Bouquet de la Grye dit que, depuis 80 ans, le niveau moyen s'est maintenu à Brest d'une façon absolue. M. Lallemand a vérifié la même chose à Marseille ; on a aussi un contrôle précieux en Hollande. Quand on aura étendu ces vérifications, on pourra en conclure que la mer est plus stable que l'intérieur des continents.

M. Loewy trouve bonne la proposition de M. Bouquet de la Grye ; il fait observer qu'on a toujours la possibilité de faire des corrections ultérieures.

M. Gay dit que cette proposition ne condamne pas le développement constant des observations des marégraphes ; on conservera la totalité des observations, et il sera toujours possible de faire une sélection.

M. Cornu dit que dans un cas, on a un rocher à l'intérieur des continents, auquel on rapporte toutes les altitudes ; dans l'autre cas le rocher est au bord de la mer.

M. Gay fait observer que dans le dernier cas, on a immédiatement la différence d'altitude.

M. Faye parle des nivellements de Bourdaloue qui ont été les premiers nivellements de précision. Depuis, les autres nations ont suivi la voie ouverte par la France. Nous devons soutenir la nécessité de rapporter les altitudes au niveau moyen de l'Océan, parce qu'outre l'intérêt pratique de la mesure des altitudes, il y a un intérêt scientifique de premier ordre dans l'étude du niveau de la mer.

M. Gay demande que M. Bouquet de la Grye veuille bien faire un travail préparatoire pouvant servir de base à la discussion.

M. Bassot demande à M. Gay s'il pourra communiquer des données relatives au nivellement qui vient d'atteindre Brest. M. Gay les apportera prochainement.

M. Mouchez dit qu'il avait demandé dernièrement au commandant Defforges de faire à Montsouris des conférences sur le nouveau pendule ; depuis il s'est adressé au général Derrécagaix qui se montre disposé à donner un instrument, si la Marine veut faire les frais accessoires. Le Bureau pourrait s'occuper de la question, et on serait à même d'organiser une mission dans les mers du sud.

M. Faye fait remarquer que cela suppose qu'on a examiné les stations où il y a lieu de faire de nouvelles déterminations ; il nomme, pour étudier cette question, une commission composée de MM. Bassot, Bouquet et Cornu.

La séance est levée à 5 heures.

Le secrétaire,

F. Tisserand

Type de document Procès-verbal
Président de la séance Faye, Hervé (1814-1902)
Transcripteur Muller, Julien
Commentaires Information extraite de la feuille de présence: des crochets rouges signalent que Gay et Derrécagaix sont "membres en service extraordinaire".
Collection Volume 1886-1890
Citation “Bureau des Longitudes - Séance du 14 mai 1890”, 1890-05-14, Les procès-verbaux du Bureau des longitudes, consulté le October 18, 2021, http://purl.oclc.org/net/bdl/items/show/4393

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