Les procès-verbaux du Bureau des longitudes

Bureau des Longitudes - Séance du 4 février 1891

Title Bureau des Longitudes - Séance du 4 février 1891
Rédacteur Tisserand, Félix (1845-1896)
Contexte Volume 1891-1895
Date 1891-02-04
Membres présents Tisserand, Félix (1845-1896); Faye, Hervé (1814-1902);
Identifier O1891_1895_007
Format 17,1 x 24,5 cm; image/jpeg;
Publisher Bureau des longitudes; Observatoire de Paris; Laboratoire d'Histoire des Sciences et de Philosophie - Archives Henri Poincaré (UMR 7117 CNRS / Université de Lorraine);
Rights CC BY-SA 3.0 FR
Transcription

Bureau des Longitudes – Séance du 4 Février 1891.

Présidence de M. Faye.

Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté.

Le Bureau reçoit :

Comptes-rendus, 4

Bullet. météorol. 28-34

Bullet. adm. 941

Nature 1109

Astr. Nachr. 3015-16

Brit. Astr. Assoc. Décembre

Report of the superintendant of the U.S. Naval Observatory

M. Manen, Membre en service extraordinaire pour le Département de la Marine, assiste à la séance.

M. Tisserand parle d'une occultation observée en 1763 par Legentil [Le Gentil] à Madagascar, et que M. Grandidier désirerait voir calculée, pour déterminer la longitude de la station.

M. Bouquet de la Grye dit que cette station est très probablement Tamatave, et que le calcul n'aurait guère qu'un intérêt historique ; on a aujourd'hui une longitude plus exacte que celle qu'on pourrait déduire de l'observation en question.

La note de M. Grandidier est renvoyée à M. Manen qui s'occupe précisément de la carte de Madagascar.

On discute sur une Note de M. Küstner, concernant la détermination de la constante de l'aberration à l'aide des observations utilisées dans la question de la variabilité des latitudes.

M. Loewy ne pense pas que l'on puisse obtenir ainsi un résultat précis ; il annonce qu'il aura bientôt terminé les calculs des observations faites à l'équatorial coudé d'après sa méthode.

M. Faye parle de la mort du Général Ibañez, et retrace les services rendus par lui à l'Association géodésique internationale.

On parle de la visite que le Bureau doit faire demain au Ministre. M. Loewy pense qu'il faudra rappeler la modification demandée à l'arrêté ministériel relatif aux calculateurs.

M. Faye revient sur les suggestions de M. d'Abbadie, relativement aux variations de la latitude. Il les trouve justes, et pense que, quand il s'agit de variations aussi petites, les niveaux sont peut-être arrivés à la limite de leur puissance ; le bain de mercure paraît devoir l'emporter. M. Faye rappelle qu'il a proposé depuis longtemps une lunette zénithale très simple. M. Airy en a proposé une autre très ingénieuse qui a été construite et appliquée [barré : à Greenwich] aux observations de γ Dragon, qui se trouve être restée visible au zénith de Greenwich depuis Bradley, parce que la précession altère très peu sa déclinaison. L'instrument, qui s'appelait le reflex zénith tube, paraît avoir été mal construit, car les observations ont conduit [barré : pour] à une parallaxe négative pour γ Dragon, et à une valeur inadmissible pour la constante de l'aberration.

M. d'Abbadie rappelle que l'instrument avait été condamné par Porro, avant d'être construit.

M. Faye donne des détails sur sa lunette zénithale, et sur une modification proposée par Porro.

M. Brunner dit que Porro n'avait pas pu obtenir la réflexion des fils sur l'eau ; l'appareil construit pour le Dépôt de la Guerre n'a rien donné.

On parle à ce sujet de la méthode de Talcott, inventée réellement par Horrebow, ainsi que le remarque M. d'Abbadie.

M. Loewy dit que le grand inconvénient tient à la connaissance imparfaite des déclinaisons.

M. le Commandant Defforges dit que les instruments employés par les astronomes allemands diffèrent de ceux qui ont servi aux américains ; il y a deux lunettes coudées sur trois.

M. d'Abbadie rappelle qu'il a fait une centaine d'observations avec la lunette zénithale de M. Faye ; il trouve qu'on peut faire deux objections : en premier lieu, on a une erreur d'observation en plus, car on est obligé de pointer une des lunettes sur l'autre ; en outre, pendant qu'on attend l'étoile, la verticale peut varier. La méthode de Respighi lui semble préférable. M. d'Abbadie a essayé la disposition de Porro, mais il n'a pas réussi. C'est ensuite qu'il a employé un appareil spécial pour étudier les variations de la verticale. Il a réuni environ 600 observations, et a constaté parfois des variations de 2 secondes en 6 heures.

M. Loewy demande si ces variations proviennent réellement de la verticale, ou des variations des piliers. Jamais on n'a constaté de variations aussi considérables dans les observatoires, où les piliers présentent toutes les garanties de stabilité, dans un intervalle de temps très court.

M. d'Abbadie répond qu'il n'est pas le seul à avoir constaté de telles variations ; MM. Respighi, Darwin, Rebeur-Paschwitz, Nobile, en ont constaté du même ordre. [M. d'Ab] Il ajoute qu'il s'est borné à constater ces changements, sans pouvoir décider s'ils tiennent à des variations du sol, ou à des variations de la verticale.

M. Bouquet de la Grye fait observer que l'Observatoire de M. d'Abbadie peut donner lieu à des mouvements du sol plus forts qu'ailleurs, en raison de sa situation sur une fracture des Pyrénées, et près de l'Océan, dont le niveau peut varier de 4 mètres ; les conditions sont donc tout autres qu'à Paris. On doit tenir compte, non seulement de la pression de l'eau, mais aussi de la diminution de poids des roches immergées.

M. Brunner annonce qu'il a repris l'idée de Porro pour la lunette zénithale ; il est arrivé à produire la réflexion des fils à la surface du bain ; l'appareil sera bientôt construit et présenté au Bureau.

M. Faye est heureux d'apprendre ce perfectionnement.

M. Faye donne lecture d'une lettre de M. Marcuse, écrite au nom du Bureau central géodésique de Berlin, en réponse aux critiques formulées par M. Schiaparelli sur le choix de la station d'Honolulu. M. Marcuse vise surtout deux déterminations de latitude obtenues en 1874 par les Anglais et en 1887 par les Américains, et qui ne diffèrent que de 0",2 ; il en résulterait, suivant lui et suivant les calculs de M. Helmert, que les éruptions volcaniques, qui ont pu produire un exhaussement sensible du sol, n'agissent pour ainsi dire pas sur la direction de la verticale.

On trouve néanmoins que la station d'Honolulu n'est pas à l'abri de toute objection.

M. le Commandant Defforges, en l'absence du Général Derrécagaix empêché, présente au Bureau les Tables à 8 décimales <qui ont été> publiées par le Service géographique de l'Armée <sur l'initiative du Général Perrier>. On les a extraites des grandes Tables de Prony, vérifiées avec le plus grand soin. Les caractères ont été très étudiés ; on a tenu compte des avis de M. d'Abbadie. On a apporté des soins méticuleux à l'impression et à la correction des épreuves. M. Defforges rappelle que les Tables à 5 décimales publiées aussi par le Service géographique, ont été collationnées et comparées par M. Bossert à une édition des Tables de Callet, sur laquelle on avait inséré toutes les corrections signalées ; on n'a trouvé aucune faute.

M. Faye adresse ses remercîments au Service géographique, qui a rendu un service à la Séance, et aussi un hommage à l'œuvre de Prony.

M. d'Abbadie fait observer que le format des Tables à 8 décimales est un peu grand pour l'usage.

La séance est levée à cinq heures un quart.

Le secrétaire,

F. Tisserand

Type de document Procès-verbal
Président de la séance Faye, Hervé (1814-1902)
Transcripteur Muller, Julien
Collection Volume 1891-1895
Citation “Bureau des Longitudes - Séance du 4 février 1891”, 1891-02-04, Les procès-verbaux du Bureau des longitudes, consulté le August 18, 2019, http://purl.oclc.org/net/bdl/items/show/4437
FR751142302_006_008430_A.jpg
FR751142302_006_008431_A.jpg
FR751142302_006_008432_A.jpg
FR751142302_006_008433_A.jpg