Les procès-verbaux du Bureau des longitudes

Bureau des Longitudes - Séance du 25 février 1891

Title Bureau des Longitudes - Séance du 25 février 1891
Rédacteur Tisserand, Félix (1845-1896)
Contexte Volume 1891-1895
Date 1891-02-25
Membres présents Tisserand, Félix (1845-1896); Bouquet de La Grye, Anatole (1827-1909);
Identifier O1891_1895_010
Relation O1891_1895_011
Format 17,7 x 24,6 cm; image/jpeg;
Publisher Bureau des longitudes; Observatoire de Paris; Laboratoire d'Histoire des Sciences et de Philosophie - Archives Henri Poincaré (UMR 7117 CNRS / Université de Lorraine);
Rights CC BY-SA 3.0 FR
Transcription

Bureau des Longitudes – Séance du 25 Février 1891.

Présidence de M. Bouquet de la Grye.

Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté.

Le Bureau reçoit :

Comptes-rendus 7

Bullet. adm. 944

Bullet. météorol. 49-55

Astr. Nachr. 3020

Œuvres de Fourier, T. 2

" Fermat, T. 1

" Laplace, T. 8

Observat. de Washburn, T. 7 part. 1

Smithsonian Report, 1888

Nautical américain, 1893.

Le Ministre de l'Instruction Publique annonce la nomination de M. Manen, comme membre du Bureau en service extraordinaire, et envoie une copie approuvée du budget de 1891.

M. Faye, encore indisposé, ne peut assister à la séance.

[en marge : M. l'Amiral Pâris, entièrement rétabli, reçoit les félicitations de ses collègues.]

On parle d'une communication de M. R. Wolf sur les taches solaires.

M. Fizeau rappelle qu'on a déjà discuté au Bureau sur la [mot barré] corrélation qui existerait entre la fréquence des taches solaires et les variations diurnes de la déclinaison magnétique. M. Fizeau rappelle que ces dernières dépendent surtout de l'état du ciel ; quand il fait beau temps, on peut dire à priori qu'on trouvera une forte variation ; elle est presque nulle au contraire [barré : si le] par la pluie ou le temps couvert. C'est donc un phénomène local qui sera différent dans deux localités où les conditions atmosphériques ne seront pas les mêmes ; [barré : tandis que les taches du Soleil sont aussi nombreuses] dès lors, on a de la peine à comprendre qu'il puisse exister une corrélation entre des phénomènes locaux, et un phénomène général tel que la fréquence plus ou moins grande des taches solaires.

M. Janssen trouve aussi qu'on a procédé légèrement pour établir la corrélation dont il s'agit. Le phénomène solaire étant général, il aurait fallu observer les variations magnétiques diurnes sur toute la surface de la Terre. M. Janssen ajoute que le Soleil ne peut agir que d'une manière indirecte ; quand le rayonnement du Soleil est puissant, il peut déterminer des courants qui réagissent sur l'aiguille aimantée.

On parle ensuite de la Note de M. R. Wolf sur l'appareil Brunner-Ibanez pour la mesure des bases ; il y est parlé d'un contact optique entre deux règles, qui aurait été réalisé en Suisse dès la fin du siècle dernier. M. Fizeau fait remarquer que ce contact n'est pas défini ; c'est plutôt une coïncidence de traits. Il donne à ce sujet des détails sur le véritable contact optique employé par la commission du Mètre pour [barré : la comparaison des étalons] <copie du mètre des archives>. La face terminale du mètre [barré : est polie et] forme miroir ; on amène tout-près d'elle, à l'aide d'une vis, une pointe métallique, sans qu'il y ait contact réel. On vise avec un microscope, sur la pointe elle-même, et sur son image ; la moyenne des deux lectures correspond au contact géométrique de la pointe avec le bout du mètre. On a ainsi le grand avantage de ne pas détériorer les surfaces, quelque soit le nombre des comparaisons dans les quelles elles ont servi.

M. Bassot, à propos d'une Note contenue dans le dernier n° des Monthly Notices, donne des détails sur la longitude de Paris-Greenwich ; il remet une Note qui sera annexée au procès-verbal.

M. Loewy dit que la considération de l'observateur étalon, introduite par les Anglais, n'est pas bonne ; si l'observateur varie, on lui applique une correction qui ne signifie rien. M. Loewy parle ensuite du niveau dont il faut se méfier ; il est bon de contrôler ses indications par celles du bain de mercure.

M. Fizeau demande si le cable marin n'a pas pu introduire de causes d'erreurs. M. Bassot explique que de la façon dont les opérations ont été conduites, on est indépendant des variations du courant, à moins qu'elles n'aient lieu dans des temps très courts ; en outre, on a des vérifications.

M. Cornu, à propos d'expériences qu'il fait en ce moment, signale la difficulté d'avoir la même température tout autour d'un instrument ; on a souvent des différences de 1°, qui peuvent produire des effets appréciables. Sur son conseil, on a remplacé un gros bec de gaz destiné à éclairer les divisions du grand cercle méridien, par une flamme [barré : beaucoup] plus faible qui échauffera beaucoup moins ; les résultats obtenus ont été très satisfaisants.

M. Cornu, parlant du nadir, signale l'éclairage nadiral qui est presque toujours défectueux.

M. Brunner dit que la variabilité de la mise au point combinée avec les dérangements de la lampe, peut produire des variations très sensibles. M. Cornu ajoute que l'essentiel est que, toute la surface de l'objectif soit éclairée ; autrement, la dissymétrie du faisceau de retour est très nuisible.

M. Brunner parle d'une autre cause d'erreur ; on met les [barré : lunettes au] fils du réticule au foyer de l'objectif à un moment donné, après quoi on n'y touche plus pendant plusieurs mois. Les variations de température doivent changer la valeur du tour de vis du micromètre. M. Fizeau répond qu'il s'établit une compensation approchée entre l'allongement du tube de laiton par la dilatation, et la variation du foyer provenant du changement de l'indice de réfraction de l'objectif.

M. Cornu annonce qu'il va se rendre à Nice pour installer la mire lointaine, le synchronisme des pendules, et des appareils pour étudier la polarisation atmosphérique ; il demande s'il n'y aurait pas lieu de profiter de l'occasion pour transmettre à M. Perrotin les instructions ou les desiderata du Bureau auquel la direction scientifique de l'Observatoire de Nice a été confiée.

On parlera de la question à M. Faye.

M. Le Général Derrécagaix explique que le terrain de la mire lointaine de Nice appartient maintenant au Service géographique, et qu'il n'y a plus à redouter la destruction de l'appareil.

M. Fizeau dit que peut-être M. Cornu pourrait proposer à M. Perrotin de faire des essais de la méthode [barré : qu'il a pr] <que M. Fizeau a> indiquée autrefois pour mesurer les diamètres apparents des étoiles. M. Stephan en a déjà fait quelques uns.

La séance est levée à cinq heures.

Le secrétaire,

F. Tisserand

Type de document Procès-verbal
Président de la séance Bouquet de La Grye, Anatole (1827-1909)
Transcripteur Muller, Julien
Collection Volume 1891-1895
Citation “Bureau des Longitudes - Séance du 25 février 1891”, 1891-02-25, Les procès-verbaux du Bureau des longitudes, consulté le August 18, 2019, http://purl.oclc.org/net/bdl/items/show/4440
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