Les procès-verbaux du Bureau des longitudes

Séance du mercredi 8 février 1854

Titre Séance du mercredi 8 février 1854
Contexte Registre 1845-1859 (copies)
Date 1854-02-08
Rédacteur inconnu
Identifiant C1845_1859_478
Format 25,7 x 38,6 cm; image/jpeg;
Éditeur Bureau des longitudes; Observatoire de Paris; Laboratoire d'Histoire des Sciences et de Philosophie - Archives Henri Poincaré (UMR 7117 CNRS / Université de Lorraine);
Droits CC BY-SA 3.0 FR
Transcription

Séance du mercredi 8 février 1854.

Présidence de M. l'amiral Baudin.

Il est donné lecture du procès-verbal de la séance précédente. Sa rédaction est adoptée.

M. le président rappelle que depuis la dernière séance, un décret impérial en date du 30 janvier a modifié la constitution du Bureau des longitudes et l'a séparé entièrement de la direction de l'Observatoire.

Un second décret en date du même jour a nommé pour l'année 1854, président M. Poinsot, vice-président M. l'amiral Baudin, secrétaire M. Daussy.

En conséquence de ce décret dont la copie est ci-jointe, M. le président, en témoignant à M. Liouville le regret qu'il éprouve ainsi que ses collègues de lui voir quitter les fonctions de secrétaire qui lui avaient été conférées par le Bureau, invite M. Daussy à prendre place comme secrétaire.

Le Bureau reçoit les ouvrages suivants : Astronomische Nachrichten n° 892 ; Mémoire sur les variations périodiques et non périodiques de la température d'après les observations faites pendant vingt ans à l'observatoire de Bruxelles, par M. Quételet ; Instruction pour l'observation des phénomènes périodiques, par le même ; Observations des phénomènes périodiques faites en 1851 et 1852.

M. l'amiral Baudin rend compte de l'invitation qui avait été faite aux président, vice-président et secrétaire du Bureau de se trouver samedi dernier à 4 h. à l'Observatoire, où M. le ministre de l'Instruction publique s'est rendu pour procéder à l'installation de M. Le Verrier comme directeur de l'Observatoire. M. le ministre, après avoir visité en détails l'établissement, a décidé qu'il serait procédé très incessamment par une commission à l'inventaire des instruments et du matériel qui s'y trouvent, pour que remise en fut faite à M. le directeur.

En effet, lundi dernier, une commission composée de MM. Daussy, secrétaire du Bureau, Villarceau, astronome adjoint à l'Observatoire, et Mesnard, sous-chef au ministère de l'Instruction publique, a commencé à procéder à cet inventaire.

Sur l'invitation de M. le président, M. Daussy fait connaître les opérations de la commission dans sa première séance ; opérations qui avaient principalement pour but d'inventorier les instruments compris dans les salles d'observations, afin que, la remise étant faite à M. Le Verrier, il n'y eût pas d'interruption dans les travaux.

Il est donné lecture d'une lettre de M. le ministre qui demande qu'on lui fasse connaître les dépenses faites ou engagées dans le courant du mois de janvier dernier et imputables sur le crédit de 18000 francs portés au budget de 1854 pour frais matériels, afin de pouvoir régler la division de ce crédit entre le Bureau des longitudes et l'Observatoire (voir pièce n° 1).

M. Mathieu répond que les dépenses faites pendant le premier mois de cette année, tels que éclairage, balayage, &c. ne dépasseront pas 300 francs. Il sera répondu au ministre d'après ce renseignement.

M. Mauvais remet un reçu en date du 20 juillet 1847, de M. W. Struve, directeur de l'observatoire impérial de Poulkova, auquel, d'après une décision du Bureau, sept volumes in-folio et neuf volumes in-4° des manuscrits de Delisle avaient été confiés : ce reçu sera conservé pour être remis au bibliothécaire (voir pièce n° 2).

M. Biot fait observer que M. Gaudin étant parvenu à fondre du cristal de roche en assez grande masse, il serait intéressant de faire avec cette matière qui ne présente pas la double réfraction des oculaires astronomiques qui ne seraient pas susceptibles de détérioration.

M. Brunner et M. Lerebours pensent que cela pourrait être avantageux. M. Lerebours s'offre à construire un de ces oculaires si on lui fournit la matière en dimension convenable.

M. le président appelle l'attention du Bureau sur quelques questions que la séparation opérée par le nouveau décret entre le Bureau des longitudes et l'Observatoire doit nécessairement faire naître, ainsi :

La construction du grand instrument parallatique qu'exécute M. Brunner sera-t-elle continuée sous l'inspection du Bureau et l'instrument livré seulement quand il sera terminé, ou devra-t-on remettre immédiatement la surveillance de la construction à M. le directeur de l'Observatoire ?

Il en est de même des deux cercles méridiens commandés à M. Brunner dans une des précédentes séances, dans la prévision d'observations à faire en différents points de la France.

On fait la remarque que le ministre peut seul décider ces questions.

M. Liouville observe que le décret met dans les attributions du Bureau des longitudes la réduction et la publication des observations anciennes qui seraient restées inédites dans les registres de l'Observatoire ou dans les manuscrits de la bibliothèque ; que doit-on entendre par les observations anciennes, cela ne paraîtrait-il pas s'appliquer à toutes celles qui ont été faites jusqu'à ce jour, puisque, d'après l'article 11, le directeur de l'Observatoire est chargé de publier chaque année les observations faites l'année précédente. Cette question devrait nécessairement être résolue par le ministre. Si le Bureau était chargé de publier les observations faites jusqu'à ce jour, il faudrait qu'il eût sous sa direction les calculateurs qui sont occupés maintenant à ce travail : ce sont des jeunes gens très instruits, très au courant de ces calculs et qu'il serait important de conserver.

Plusieurs autres questions sont aussi agitées relativement au local affecté au Bureau ; à la nécessité d'avoir un homme de service ; aux ouvrages qui seraient adressés, soit au Bureau des longitudes, soit à l'Observatoire : quant à ce qui concerne ces ouvrages, on remarque que les uns et les autres devant en définitive être remis à la bibliothèque commune aux deux établissements, il serait bon que ceux qui arriveraient à l'adresse du Bureau des longitudes pussent être consultés immédiatement après leur arrivée par les astronomes de l'Observatoire, qui les remettraient au Bureau à sa première séance.

On demande si les appareils qui ont servi à des travaux spéciaux et qui son conservés à l'Observatoire, comme par exemple les comparateurs, ne pourraient pas être mis à la disposition des membres du Bureau qui les réclameraient, pour de nouvelles recherches.

M. le président est invité à soumettre au ministre toutes ces questions dont la solution doit empêcher toute difficulté de s'élever relativement aux attributions du Bureau des longitudes et du directeur de l'Observatoire.

Il est invité aussi à témoigner au ministre le regret qu'a éprouvé le Bureau en ne voyant pas figurer M. Babinet dans la nouvelle organisation.

On parle de la nécessité d'avancer la publication de la Connaissance des temps qui doit paraître trois ans d'avance. Le personnel actuel des calculateurs ne suffit pas pour se maintenir au courant et on serait bientôt arriéré si on n'arrivait pas à obtenir de plus grands moyens. Un calculateur de plus, au moins, serait nécessaire pour ce service.

M. Biot fait observer que la Connaissance des temps, telle qu'elle est aujourd'hui, est très bien disposée pour l'objet que l'on s'est proposé, qui était de servir aux astronomes et aux navigateurs ; que si on en augmentait l'étendue en y introduisant des choses qui n'auraient pas un intérêt immédiat pour les marins, on risquerait de trouver des difficultés pour la publication de cet ouvrage. Aujourd'hui, son impression ainsi que celle de l'Annuaire ne coûtent rien à l'Etat et sont entièrement à la charge du libraire, mais si on augmentait les frais, il serait possible qu'il ne voulût plus s'en charger.

M. Laugier fait observer qu'on pourrait cependant apporter quelques améliorations aux éphémérides des planètes principales qui peuvent être observées dans le crépuscule et qui alors seraient d'une grande utilité pour les marins, mais ce qu'il demande augmenterait les frais.

Le développement de toutes ces questions est laissé au surplus à la sollicitude de M. le président qui est invité à voir à ce sujet M. le ministre de l'Instruction publique.

La séance est levée.

Type de document Procès-verbal
Président de la séance Baudin, Charles (1784-1854)
Transcripteur Feurtet, Jean-Marie
Collection Registre 1845-1859 (copies)
Citer ce document “Séance du mercredi 8 février 1854”, 1854-02-08, Les procès-verbaux du Bureau des longitudes, consulté le 26 mai 2018, http://purl.oclc.org/net/bdl/items/show/9854
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