Les procès-verbaux du Bureau des longitudes

Séance du 6 février 1895

Title Séance du 6 février 1895
Rédacteur Bernardières, Octave de (1845-1900)
Contexte Volume 1891-1895
Date 1895-02-06
Membres présents Bernardières, Octave de (1845-1900); Janssen, Pierre Jules César (1824-1907);
Identifier O1891_1895_262
Format 20,2 x 31,5 cm; image/jpeg;
Publisher Bureau des longitudes; Observatoire de Paris; Laboratoire d'Histoire des Sciences et de Philosophie - Archives Henri Poincaré (UMR 7117 CNRS / Université de Lorraine);
Rights CC BY-SA 3.0 FR
Transcription

Procès verbal

Paris, le 6 février 1895

Séance du 6 février 1895

Présidence de monsieur Janssen.

Le Procès verbal de la dernière séance est lu et adopté.

La Bureau reçoit les ouvrages mentionnés au registre de la Correspondance.

Le Secrétaire donne lecture d'une lettre adressée au Président du Bureau par M. Saindoux, Directeur de l'Ecole moderne au Cap-Haïtien (Haïti) ; qui demande qu'on lui envoie les instruments nécessaires à l'installation d'une petite station météorologique, ainsi qu'un exemplaire de la Connaissance des temps. Le Bureau décide que l'on pourrait donner satisfaction à M. Saindoux quant à la Connaissance des temps, et que, pour le reste, sa lettre sera transmise au Directeur du Bureau central météorologique.

La Commission nommée dans la dernière séance pour examiner la proposition de M. Downing, Directeur du Nautical Almanach, relative à l'échange de certains calculs, [barré : émet un avis défavorable qui est partagé par le Bureau.] <fait remarquer qu'il y aurait certains inconvénients [mot barré] à> [en marge : adopter la proposition / d’avis d’ajourner la proposition / [mot illisible] d’avis]

M. Loewy répondra en conséquence et donnera satisfaction à la seconde demande de M. Downing [barré : en lui envoyant les catalogues des Etoiles fondamentales publiées par le Bureau] <en ce qui concerne l'adoption d'un même système> de fondamentale pour toutes les grandes Ephémérides astronomiques.

M. Germain demande si le Bureau des Longitudes consentirait, s'il en était besoin, à se désaisir [sic] en faveur du Département de la Marine, de 10 exemplaires de la Connaissance des temps de 1895, que M. Gauthier-Villars ne peut fournir. Le Président, après consultation du Bureau, répond à M. Germain que, bien que l'approvisionnement soit assez restreint, ces dix exemplaires pourront être remis à la marine [barré : si celle-ci les] <sur une> demande officielle.

M. de Bernardières fait connaître au Bureau qu'un navire de guerre va être prochainement armé pour la campagne d'Islande qui se renouvelle tous les étés. L'Islande, par sa proximité du pôle magnétique, offre un champ très intéressant d'observations. La station sera commandée par M. le Capitaine de frégate Houette qui a passé une année à Montsouris où il a beaucoup travaillé. M. Houette serait très heureux de remplir, avec l'autorisation du ministre de la marine, toute mission que le Bureau des Longitudes voudrait bien lui confier. Le Service hydrographique possède tous les instruments de la mission du Cap-Horn qui ont servi à la mesure des variations des éléments magnétiques ; il pourrait également fournir une boussole destinée à [barré : l'observation] <la mesure absolue> de la déclinaison et de la composante horizontale de l'intensité et une boussole pour la mesure <absolue> de l'inclinaison. Ces instruments sont du modèle le plus récent. Ce sont ceux adoptés par le Bureau pour les instruments qu'il fera construire dès qu'il aura obtenu les crédits demandés. Enfin, le retour du bâtiment en septembre prochain, permettrait de disposer à cette époque des instruments pour une autre mission.

Les dépenses seraient d'ailleurs très minimes et se réduiraient à la mise en état des instruments de variation et à quelques légers frais de déplacement des observateurs. M. de Bernardières croit que la marine prendrait à sa charge l'installation de la cabane pour les observations de variation : [barré : M. de Bernardières] <il> pense que le Bureau des Lt pourrait profiter de l'ensemble de ces conditions <très> favorables, pour commencer le travail de la réfection des centres magnétiques du globe. Il ne doute pas que le Ministre ne soit disposé à prêter au Bureau le concours de ses officiers pour un travail qui fera le plus grand honneur à la marine. L'officier chargé plus spécialement des observations <d'Islande> pourrait être choisi parmi ceux attachés actuellement à l'observatoire de Montsouris et qui auront terminé leur année d'étude à la fin du mois prochain. Le départ de l'aviso-transport la "Manche" pour l'Islande aura lieu dans le commencement d'avril. L'officier désigné serait, d'ici à cette époque, exercé plus spécialement aux déterminations magnétiques avec les instruments qui lui seront remis, et dont il aurait à déterminer soigneusement les constantes à l'Observatoire du Parc de St Maur où les officiers de Montsouris ont toujours trouvé le meilleur accueil

Ces instrument seraient [mot barré] <en outre> comparés à ceux des observatoires de Bergen, <de> Christiania et Copenhague, au cours de la campagne.

Après un échange de vues sur la communication de M. de Bernardières, le Président décide qu'une lettre sera [barré : immédiatement] adressée au ministre de la marine pour lui exposer le projet du Bureau et lui demander le concours de son Département pour le travail d'ensemble de construction des cartes magnétiques du globe qui serait commencé dans les conditions indiquées plus haut.

Une Commission composée de MM. d'Abbadie – Cornu, Fleuriais, de Bernardières, est nommé dans le but de préparer un programme d'observations pour la mission d'Islande.

M. Fleuriais demande que la Division Navale de l'Atlantique, qui, en raison de son étendue, est une des plus intéressantes pour les études magnétiques soit une des premières prévues dans le travail d'ensemble que le Bureau prépare.

On décide qu'il sera tenu compte de cette observation dans la lettre adressée au ministre de la marine.

M. d'Abbadie rappelle que M. de Bernardières, en parlant des boussoles d'inclinaison, a paru [barré : préférer] <recommander> les aiguilles de moyenne dimension ; il expose à ce sujet que les longues aiguilles donnent une inclinaison plus faible que les aiguilles courtes ; les causes de cette anomalie n'ont pas été démontrées.

M. Cornu dit que, plus la masse d'une aiguille est faible, plus on a de chances de rencontrer un métal homogène et, par conséquent, plus l'alimentation est régulière. Les expériences qu'il a effectuées à ce sujet en faisant scier des barreaux d'acier en différents endroits lui ont montré combien les fractions d'un même barreau s'aimantent irrégulièrement par suite du défaut d'homogénéité du métal.

M. Janssen appuie cette opinion.

M. Fizeau fait remarquer que les petites aiguilles ont l'avantage d'être moins accessibles à l'effet du magnétisme accidentel provenant d'objets extérieurs.

M. Faye ajoute que c'est une des principales raisons qui ont engagé Sir William Thomson à employer de courtes aiguilles dans son compas.

M. Faye estime qu'il y aurait lieu de faire une visite au nouveau ministre de l'Instruction Publique afin de lui exposer les desiderata du Bureau.

Cette proposition est adoptée ; le Président fera demander une audition à M. Poincaré.

M. Faye annonce qu'il fera hommage au Bureau d'un atlas de l'observatoire géodésique de Potsdam qu'on vient de lui envoyer. Les planches que contient cet <intéressant> ouvrage montrent combien l'installation de Potsdam est satisfaisante ; elle pourra donner une idée de ce qu'il conviendrait de créer à Montsouris quand on disposera des fonds nécessaires.

M. de Bernardières dit que les cabanes de l'observatoire de Montsouris construites en bois et en toile et qui datent de 20 ans, sont en très mauvais état. Les réparations les plus urgentes seront effectuées dès que [barré : l'état du temps] <les circonstances atmosphériques> le permettront, mais il y a lieu de prévoir la nécessité d'une réfection importante dans un avenir peu éloigné.

Un échange de vues a lieu entre MM. Tisserand et plusieurs autres membres du Bureau sur le gaz Argon.

Le Président rappelle au Bureau que la date du centenaire de sa création est proche ; c'est le 25 juin prochain. Il estime qu'il y aurait lieu de s'occuper sans tarder de cette question et de décider de quelle façon ce centenaire pourrait être célébré. A son avis, il faudrait au moins <prévoir> une publication commémorative. La question sera reprise à une prochaine séance.

La séance est levée à 5h¼

Le secrétaire

de Bernardières

Type de document Procès-verbal
Président de la séance Janssen, Pierre Jules César (1824-1907)
Transcripteur Muller, Julien
Collection Volume 1891-1895
Citation “Séance du 6 février 1895”, 1895-02-06, Les procès-verbaux du Bureau des longitudes, consulté le June 4, 2020, http://purl.oclc.org/net/bdl/items/show/4688
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